accueil Caroline Geolle
Présentation


♦ Photographe autodidacte, Caroline Geolle utilise l'appareil photo tel un troisième oeil pour une quête vers l'au-delà des apparences, au-delà de l'évidence. Elle fonctionne à l'instinct, au fil de sa vie, explorant différents univers, cultivant l'imperfection pour réchauffer l'image et libérer le sujet qui s'y reflète.
Elle se passionne très jeune pour la photographie et après son bac sciences économiques et sociales, elle prend la route pour découvrir le monde.
Des rocheuses canadiennes aux plages australiennes, elle voyage, découvre, rencontre, apprend en traversant le quotidien mystique des balinais ou la route sauvage des Garage bands new yorkais. Elle se tourne alors vers le reportage et ses sujets de prédilection s'orientent vers la complémentarité et l'interaction entre la nature et les communautés humaines.
Depuis 1995, elle vit à l'orée de la Camargue, face à la mer, dans cette ville à l'architecture et à la lumière si particulièrement inspirante qu'est la Grande Motte. Elle s'engage alors dans un travail plus artistique et en 2013, elle fonde l'association Photographes Itinérants afin de promouvoir la photographie en tant qu'art et soutenir les démarches artistiques des photographes contemporains à travers d'expositions.

"La photographie c'est un fragment de temps sorti de son espace pour rentrer dans une autre dimension, celle de l'art." C.Geolle

 

♣ "Quand j'étais adolescente (ou presque), tous les matins d'été, quand je pouvais dormir tard, ma chambre se transformait en véritable chambre noire. De la lueur du jour à travers les volets fermés, apparaissait alors, projeté sur le mur, le saule pleureur. Je me souviens de ses feuilles et du doux balancement de ses branches, et quelque fois d'une silhouette qui passait. C'était si silencieusement présent. Je me demandais comment cette si grande ombre pouvait entrer dans ma chambre, comme je pouvais voir ce qu'il se passait à cet endroit sans même le regarder et sans même être vue. Pourtant, jamais je ne me suis levée pour étudier le phénomène et rechercher le minuscule trou par lequel la magie opérait.

Je vivais juste cette expérience secrètement, comme un mystère que l'on n'ose révéler. Si secrètement en moi d'ailleurs, qu'aussitôt levée, je n'y pensais plus. J'étais certainement partagée entre l'envie de savoir pourquoi et la complicité que j'avais avec cette apparition qui berçait mon réveil. J'ai longtemps choisi la deuxième option et quand je compris, l'image avait déjà disparu, les vieux volets en bois aussi d'ailleurs. Et, plus tard, le saule s'arrêta de pleurer. On avait en effet estimé que ses larmes troublaient la clarté de la nouvelle piscine, qui illuminaient maintenant nos enfants de joies et de rires. Ca faisait bien longtemps que je ne dormais plus dans cette chambre, et j'étais photographe. Je vis encore ces rires autant que j'entend le doux bruit de l'ombre silencieuse de cet arbre disparu."